Nicolas Dieudonné : « On voulait une marque forte avant de savoir comment on allait la décliner » 💬
Avec le lancement de Masterclass, Nicolas Dieudonné et Laura Medery veulent construire bien plus qu'un format d'interview. Leur ambition : créer une marque média capable de décrypter les parcours, les méthodes et les façons de penser de celles et ceux qui entreprennent.

Avec le lancement de Masterclass, Nicolas Dieudonné et Laura Medery veulent construire bien plus qu'un format d'interview. Leur ambition : créer une marque média capable de décrypter les parcours, les méthodes et les façons de penser de celles et ceux qui entreprennent. Rencontre avec l'un des deux fondateurs du projet.
Quand tu regardes ton parcours aujourd'hui, quel est le fil rouge entre toutes tes expériences ?
Je pense que ce sont avant tout les rencontres. Quel que soit le job que j'ai occupé, j'ai rencontré des personnes inspirantes, des gens extrêmement calés dans leurs projets et dans leur domaine d'activité. Je me suis souvent demandé comment ces personnes en étaient arrivées là et, à force de discussions, il y a quelque chose qui revient très souvent : l'envie d'entreprendre.
Pour moi, être entrepreneur, ce n'est pas uniquement lancer une entreprise. C'est aussi un mindset, une manière de réfléchir, d'avancer, de prendre des initiatives et de transformer des idées en projets concrets. Aujourd'hui, quel que soit le domaine dans lequel je travaille, j'essaie d'appliquer cette manière de fonctionner que j'ai acquise grâce aux personnes que j'ai rencontrées, avec qui j'ai pu échanger et qui m'ont inspiré.
À quel moment tu t'es dit que tu voulais construire quelque chose qui t'appartienne vraiment ?
Tout part encore une fois d'une rencontre. J'avais déjà lancé beaucoup de projets qui m'appartenaient, que ce soit des podcasts ou différents concepts développés par-ci par-là. J'en ai même probablement lancé trop. Le problème, quand on multiplie les projets tout en ayant déjà des jobs assez prenants, c'est qu'on n'a pas toujours le temps ou l'énergie nécessaires pour les faire vivre sur le long terme.
Puis j'ai rencontré Laura. En discutant avec elle, je lui ai expliqué que j'avais fait de la radio et que j'avais envie de développer quelque chose de nouveau. J'ai tout de suite senti qu'elle était enthousiaste à l'idée de construire quelque chose. On a commencé à échanger, à confronter nos idées et, assez naturellement, le projet Masterclass est arrivé sur la table. Aujourd'hui, le fait d'être deux change énormément de choses : on se challenge, on se motive mutuellement et surtout, on se pousse à maintenir le projet dans la durée. C'est probablement ce qui manquait à certains de mes projets précédents.
Pourquoi créer Masterclass alors qu'il existe déjà énormément de podcasts et de formats d'interview ?
Justement parce qu'il y en a énormément. Aujourd'hui, dans les médias et dans la création de contenu, l'offre est particulièrement dense. Des podcasts se lancent chaque semaine, les formats d'interview se multiplient et on retrouve parfois les mêmes mécaniques. J'ai souvent le sentiment de voir des personnes parler beaucoup d'elles-mêmes sans qu'on apprenne réellement quelque chose de leur parcours. Ils font de la promo : on connaît leur ressenti, leur projet, quelques éléments de leur histoire, mais on prend rarement le temps de comprendre ce qui leur a véritablement permis d'arriver là où elles sont.
Avec Masterclass, on veut aller chercher cette partie-là : le chemin avant le résultat. Comprendre les méthodes, les décisions, les erreurs, les habitudes ou les façons de penser qui se cachent derrière un parcours. L'objectif, c'est que la personne qui lit, écoute ou regarde un contenu Masterclass puisse en ressortir avec quelque chose de concret : une idée, une méthode, un nouveau regard ou simplement l'envie de relancer son propre projet. Le parcours de l'invité est important, évidemment, mais ce qui nous intéresse surtout, c'est ce qu'on peut en tirer comme leçon.
Comment éviter que Masterclass devienne justement « un podcast de plus » ?
En ne pensant pas Masterclass comme un podcast. Dès le départ, on a pensé le projet comme une marque avant même de réfléchir aux différents formats dans lesquels elle allait s'exprimer. La radio est arrivée ensuite comme une opportunité de décliner cette marque dans l'audio, mais elle ne représente qu'une partie du projet.
Masterclass doit pouvoir vivre à travers plusieurs formats : la radio, la vidéo, les réseaux sociaux, l'écrit et probablement d'autres choses demain. C'est cette logique de marque qui, pour moi, nous différencie de beaucoup de projets qui commencent par créer un podcast avant d'essayer éventuellement de construire un univers autour. Nous, on a plutôt envie de faire l'inverse : construire un univers éditorial fort et choisir ensuite les formats qui permettent de le raconter de la meilleure manière.
Quel type d'invité a sa place chez Masterclass ?
On ne cherche pas forcément les personnes les plus successful du monde. Évidemment, si on a l'occasion de recevoir de très grands profils, c'est génial, mais ce n'est pas notre seul critère. Ce qui nous intéresse vraiment, c'est ce qu'une personne peut transmettre. Quelqu'un qui a lancé un chouette projet, qui arrive à le faire vivre, qui possède une manière particulière de travailler ou de réfléchir et qui peut raconter une histoire inspirante a complètement sa place chez Masterclass.
Si cette personne réussit, à travers son histoire, à donner envie à quelqu'un d'autre de se lancer, de réfléchir différemment ou de construire quelque chose à son tour, pour nous, c'est déjà une réussite. La réussite ne se mesure donc pas uniquement à la taille d'une entreprise, au nombre d'abonnés ou au chiffre d'affaires. Elle peut aussi se trouver dans la capacité à créer quelque chose qui fonctionne, qui a du sens et dont l'expérience peut servir aux autres.
Comment la radio est-elle entrée dans l'histoire de Masterclass ?
Quand on a présenté le projet à BXFM, ça nous a semblé assez évident. BXFM est une radio très tournée vers l'entrepreneuriat et les parcours inspirants, ce qui correspond naturellement à notre ligne éditoriale. C'était donc une plateforme intéressante pour toucher des personnes susceptibles d'être intéressées par ce que nous voulons construire avec Masterclass.
Et puis, personnellement, je reste un enfant de la radio. Je suis convaincu qu'elle permet encore de toucher énormément de personnes et surtout de raconter de belles histoires d'une manière particulière. Aujourd'hui, il faut aussi regarder la radio différemment : à partir du moment où une émission est filmée, elle devient une source de création de contenu incroyable. Elle nous permet à la fois d'aller chercher une audience, de raconter des histoires en profondeur et de produire énormément de matière qui peut ensuite vivre ailleurs.
La radio n'est donc pas Masterclass : c'est l'une des déclinaisons de Masterclass.
Nicolas DieudonnéCo-founder & Responsable éditorialQu'est-ce que Laura apporte au projet que tu n'aurais pas apporté seul ?
Elle apporte énormément de choses, à commencer par une vision générationnelle différente de la mienne. Elle est de la génération Z, je suis un peu plus âgé, et ce gap fait qu'on n'a pas forcément les mêmes références, la même culture ou la même manière de consommer les médias. Je trouve justement que cette différence est extrêmement intéressante pour le projet.
Je retrouve aussi beaucoup, dans sa manière de fonctionner aujourd'hui, la manière dont je fonctionnais au même âge. Elle a beaucoup d'idées, un mindset très intéressant et surtout une vraie capacité à me challenger. Nos expériences sont différentes et notre différence générationnelle nous oblige à confronter régulièrement nos visions. C'est ce qui nous permet de nous tirer mutuellement vers le haut et, je pense, de construire un projet plus solide que celui qu'on aurait pu imaginer chacun de notre côté.
Si tu pouvais donner une masterclass au Nicolas du début de carrière, qu'est-ce que tu lui dirais ?
Je lui dirais de ne pas confondre vitesse et précipitation. Quand on démarre une carrière ou qu'on lance des projets, on a souvent envie que tout aille très vite. On veut rapidement obtenir des résultats, voir le projet grandir et passer à l'étape suivante. Mais il y a forcément des imprévus, des déceptions et des choses qui prennent beaucoup plus de temps que prévu.
Avec le recul, je pense que la vraie masterclass serait d'apprendre à être patient et à accepter que les choses se construisent étape par étape. Il faut également réussir à prendre du recul sur ce qu'on fait et ne pas se persuader qu'on est les plus beaux, les plus grands, les plus forts ou qu'on possède forcément le meilleur concept. On peut avoir un très chouette projet tout en reconnaissant qu'il peut encore énormément évoluer. Avoir ce recul et ce sens critique envers soi-même et envers ce qu'on construit, c'est probablement ce qui me manquait le plus quand j'étais plus jeune. C'est aussi ce que j'essaie aujourd'hui d'appliquer à Masterclass.
Masterclass Media est donc moins une histoire de réussite qu'une histoire de transmission. L'objectif n'est pas simplement de raconter des parcours inspirants, mais d'aller chercher derrière eux ce qui peut réellement servir aux autres : des méthodes, des idées, des erreurs, des choix et des manières de penser. Parce qu'au fond, raconter comment quelqu'un a réussi est intéressant. Comprendre comment cette personne fonctionne l'est encore davantage.



